La lettre du Médiateur – n°1 (22 février 2018)

Cette première lettre est l’occasion pour moi de dire l’importance du rôle du médiateur dans le cadre des États généraux de la bioéthique, présence impartiale qui garantit que chaque personne, chaque association, chaque porteur d’idées puisse recevoir une réponse à la réclamation qu’il (elle) aura déposée, sous réserve que cette réclamation soit formulée en termes acceptables dans le cadre d’un débat public, et notamment dépourvus de toute agressivité et non diffamatoires.

Entre le 12 février, date de lancement du site web, et le 18 février, j’ai reçu trois réclamations portant essentiellement sur la consultation en ligne. 
La question de la modération a été soulevée, jugée par un participant trop sévère. Á ce sujet, je tiens à rappeler que les participants à la consultation en ligne s’engagent à respecter la charte de modération (https://etatsgenerauxdelabioethique.fr/pages/charte). 
Cette charte ne se fonde pas sur des critères moraux, mais sur le respect dû aux autres participants, respect entériné par la loi : ainsi, ne sont pas modérées les opinions à proprement parler, mais les contributions portant atteinte à autrui, notamment celles qui « attaquent une personne ou un groupe de personnes en raison de leurs caractéristiques propres ». Par ailleurs, les contributions modérées sont placées dans la « Corbeille », encore visibles par tout un chacun.  

Deux participants s’interrogent sur la construction de la consultation en ligne. En effet, certaines propositions seraient mal formulées et le principe même d’argumentation est jugé trop complexe par rapport à un exercice de sondage. Je tiens à rappeler que, précisément, la consultation en ligne n’a pas vocation à être un sondage ou un questionnaire. La formulation des propositions, peut-être maladroite aux yeux de certains, n’est donc pas problématique au regard de cet exercice de consultation, chacun ayant le droit de les reformuler ou d’expliquer pourquoi cette formulation leur paraît inadéquate. C’est bel et bien une diversité de points de vue que ces États généraux tentent de recueillir, et non un échantillon d’opinions qui serait d’une façon ou d’une autre représentatif de la société. 

Un autre participant a, en outre, souligné que les débats en région ne sont pas tous ouverts à l’ensemble du public. Le CCNE a encouragé les espaces de réflexion éthique régionaux à constituer à la fois des débats tout public, mais aussi avec des publics plus restreints ou plus ciblés, par exemple, avec le public étudiant, ce qui, à cet égard, me semble une initiative intéressante. Rendre homogène un groupe de discussion n’a pas vocation à isoler le débat, mais plutôt à favoriser la discussion parmi les pairs, qui partagent souvent une expérience commune, sans cependant avoir des opinions similaires. Ces débats sont ainsi un moyen de recueillir l’opinion de certaines fractions de la population – peut-être moins au fait des questions de bioéthique – et ainsi les encourager à s’exprimer au cours d’autres événements régionaux ou sur le site web. 

Le Médiateur