La lettre du Médiateur – n°2 (2 mars 2018)

Entre le 19 février et le 26 février, sept réclamations m’ont été adressées, concernant la consultation en ligne et la modération du site. Je rappelle, à cet égard, que la première lettre du médiateur en date du 22 février contenait déjà certains éléments de réponse aux nouvelles réclamations posées.  

Plusieurs réclamations ont porté sur la consultation en ligne. C’est notamment le système de « pour » et de « contre » qui a suscité quelques interrogations. Certains estiment que les propositions initiales sont mal formulées et, de ce fait, ne peuvent voter. Je rappelle donc que les propositions peuvent être reformulées et que l’argumentaire qui est déposé peut contenir les raisons pour lesquelles vous apportez ces modifications.
Par ailleurs, certains s’inquiètent d’avoir mis un argument dans la mauvaise colonne (par exemple, un argument « pour » dans la colonne « contre ») ; d’autres indiquent que cette consultation prend l’apparence d’un sondage. À ce sujet, il me paraît essentiel de rappeler la vocation de ce site web et le traitement des informations qui y sont et seront déposées, ce qui, au passage, me permet de répondre également à ceux qui pensent que les opinions mises en ligne ne seront pas prises en compte
Les opinions déposées par les citoyens seront toutes lues par Cap Collectif, société qui a développé la plateforme du site web et qui fournira une compilation cartographique de l’ensemble des arguments et propositions, document qui sera remis au CCNE pour la réalisation du rapport de synthèse des États généraux de la bioéthique. Le fait qu’une lecture exhaustive des arguments et propositions soit effectuée implique aussi de s’assurer de l’absence d’erreurs dans l’affectation en « pour » ou « contre ». Toutefois, je rappelle que l’ambition des États généraux de la bioéthique n’est pas de colliger un ensemble de sondages, mais bien de recueillir des arguments, des opinions, des propositions dans toute leur diversité. De ce fait, Cap Collectif ne gardera dans sa compilation que ces éléments d’information, sans prendre en considération les « pour » et les « contre », ceux-ci ne servant qu’à donner une vision d’ensemble aux autres participants sur les thèmes qui ont le plus mobilisé durant la consultation.

La question de la modération a, de nouveau, été soulevée, jugée cette fois trop laxiste et permissive. Cette réclamation fait écho, me semble-t-il, à une autre réclamation, formulée la semaine dernière, qui jugeait au contraire que la modération était trop sévère. Ces deux réclamations mettent en lumière toute la complexité de l’exercice de modération, tout particulièrement sur des sujets aussi sensibles que ceux de la bioéthique. Savoir ce qui relève d’un contenu acceptable ou inacceptable au sein d’un débat public pourrait faire l’objet, en soi, d’un débat et il n’existe pas, je le crains, de point d’équilibre permettant la liberté d’expression la plus complète, tout en garantissant le respect de l’opinion de chacun. Je tiens donc à rappeler que les participants à la consultation en ligne s’engagent à respecter la charte de modération (https://etatsgenerauxdelabioethique.fr/pages/charte), charte qui implique que soient modérées les contributions portant atteinte à autrui, notamment celles qui « attaquent une personne ou un groupe de personnes en raison de leurs caractéristiques propres ».
Enfin, je veillerai à rappeler au prestataire qu’il mette en œuvre, concernant le processus de modération, vigilance et réactivité. 

Le Médiateur